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Histoire
C'est en 985, dans une donation du comté de Melgueil, qu'apparaît pour la première fois le nom de Montpellier. Le 26 novembre 985, le comte Bernard de Melgueil (Mauguio) octroie au chevalier Guilhem en échange de son dévouement l'ancien territoire situé entre l'antique Voie Domitienne, le Lez et La Mosson. Ses héritiers construiront sur leur nouveau fief un véritable bourg fortifié, doté d'un château et d'une chapelle qui deviendra la ville de Montpellier.
Bien plus jeune que ses voisines de la région comme Nîmes, Narbonne, Béziers ou Carcassonne, existant à l'époque romaine, Montpellier n'est née qu'au cours du XIe siècle. Située entre l'Espagne et l'Italie, proche de la Via Domitia et du port romain de Lattes, la ville connaît rapidement un important développement économique et culturel, attirant doreurs, orfèvres, drapiers et changeurs. Elle devient ainsi un centre d'échanges entre le nord de l'Europe, l'Espagne et le bassin méditerranéen. En effet, via les roubines, elle est reliée par les eaux à Lattes et la mer, ce qui lui permet de devenir une importante ville marchande à partir du XIIe siècle, grâce en partie au dynamisme de son commerce maritime en partance notamment pour les pays du Nord, l'Italie et l'Espagne. Montpellier se distingue notamment par un important commerce des épices, qui va permettre aux Montpelliérains d'acquérir un connaissance particulière des plantes et épices venant essentiellement d'orient,d'extreme-orient et même d'Afrique. Montpellier devient un port capital pour l'entrée des épices dans le royaume de France, qui n'a pas encore à cette époque de port sur la Méditerranée.
L'agglomération médiévale était constituée de deux entités juridiques distinctes : Montpellier appartenant à la seigneurie des Guilhem, et Montpelliéret (juridiction centrée sur l'actuel lycée Joffre) dépendant de la seigneurie des évêques de Maguelone. Une enceinte fortifiée unique (appelée pour cela la Commune Clôture) protégeait les deux entités. Deux tours subsistent de cette fortification (la Tour de la Babote et la Tour des Pins). Mais Montpelliéret n'a toujours constitué qu'une partie minime de la ville. Son église Notre-Dame-des-Tables constitue une étape renommée pour les pèlerins partant vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Cet afflux de pèlerins provoque la naissance et l'extension d'institutions charitables et hospitalières. Des médecins juifs et arabes chassés d'Espagne se retrouvent à l'École de Médecine de Montpellier, fondée en 1220 par la cardinal Conrad, légat du pape Honorius III. La ville est en effet multiculturelle. En 1160, Benjamin de Tudèle qui visite le sud de la France, note que la ville est "fort fréquentée par toutes les nations, tant chrétiennes que mahométanes et qu'on y trouve des négociants venants notamment du pays des Algarbes (Al Andalus et le Maghreb) de toute l'Égypte et de la terre d'Israël". De plus des tombes juives et musulmanes témoignent de cette présence. Une stèle découverte à Aniane datant du XIIe siècle, porte notamment le nom du défunt, un certain Ibn Ayyûb, jeune tâlib (étudiant en religion), une des branches des études théologiques et juridiques que proposait l'université de Montpellier à l'époque.
La renommée de son université de médecine, probablement la deuxième plus ancienne d'Europe après celle de Salerne en Sicile, est déjà immense à la fin du XIIIe siècle, grâce à la valeur cosmopolite de la ville qui accueillait des savants de toutes les confessions.