Histoire
Sous l'égide de la Prusse, les États d'Allemagne du nord se fédérèrent à l'issue de la guerre de 1870 selon la « résolution petite-allemande » ; l'empire allemand fut proclamé au traité préliminaire de paix du 26 février 1871, avec le roi de Guillaume Ier de Prusse comme souverain, Otto von Bismarck comme chancelier et Berlin comme capitale.
Berlin était alors une cité industrielle de 800 000 habitants. Or, les infrastructures n'avaient pas suivi la croissance de la population. On entreprit enfin en 1873 la construction du réseau d'égout, qui fut parachevé en 1893. Au décollage économique de la révolution industrielle succéda le krach consécutif à l'Unité allemande, une crise liée à l'apport massif de liquidités correspondant au paiement de l'indemnité de guerre française. L'extension urbaine demeura un sujet controversé. Le 1er janvier 1876, Berlin se vit confier par l'État les ponts et les boulevards de la ville. Signe des temps, les magistrats prussiens, lors du procès de Kreuzberg (1882), firent jurisprudence en donnant tort aux services d'urbanisme contre un particulier qui s'était vu refuser un permis de construire : le tribunal décida que l'État n'était compétent qu'en matière de sécurité publique, non en matière esthétique et paysagère.
Le palais du Reichstag, dont la construction avait commencé en 1884, fut inauguré dix ans plus tard, le 5 décembre 1894.
Pour rééquilibrer la forte croissance du trafic en ville, la construction du métro berlinois (U-Bahn) et des lignes de train de banlieue (S-Bahn) fut décidée en 1896. Dans les quartiers du centre-ville (Kreuzberg, Prenzlauer Berg, Friedrichshain et Wedding), regroupés sous le terme de « Wilhelminischer Ring », les autorités firent construire des logements sociaux pour permettre le logement des ouvriers. Tandis qu'au sud-ouest de Berlin, une banlieue pavillonnaire compacte et très étendue s'était développée depuis 1850, de nouveaux quartiers bourgeois virent le jour à l'ouest à la fin du XIXe siècle. Entre 1904 et 1908, une collection de guides intitulés Großstadt-Dokumente (51 numéros) se consacrait exclusivement à la vie berlinoise. Un pont-aux-ânes de la recherche en urbanisme dans les pays germanophones à la Belle Époque était l'opposition de la ville tentaculaire qu'était Berlin à Vienne, ville d'histoire et de culture. Le premier aérodrome d'Allemagne ouvrit en 1909 à Johannisthal. En 1911, l'association « Zweckverband Groß-Berlin » se donna pour tâche de coordonner le développement des services dans une ville à la croissance explosive. Elle obtint en 1920 la création de la communauté urbaine du « Grand Berlin » (Gross-Berlin) ; une autre conception, toujours actuelle, de cette association est celle de coulée verte.
La Première Guerre mondiale provoqua la famine à Berlin. Au cours de l'hiver 1916-17, on dénombrait déjà 150 000 personnes souffrant de faim, et les grèves commençaient à se multiplier. Lorsque l'armistice fut signé à la fin de 1918, l'empereur Guillaume II abdiqua. À l'issue de la révolution de novembre, le socialiste Philipp Scheidemann et le communiste Karl Liebknecht appelèrent à la république. Dans les mois qui suivirent, Berlin fut le théâtre de multiples émeutes de rues opposant spartakistes et corps francs.